| Ce numéro spécial de la Revue canadienne des sciences
régionales est consacré au Projet Metropolis. Nous sommes heureux de cette
possibilité qui nous a été offerte, et nous souhaitons remercier les nombreuses
personnes qui nous ont permis de produire un numéro dans un délai aussi bref.
Nous remercions particulièrement : Carl Amhrein, qui a eu lidée de
produire un numéro spécial; Bill Anderson, rédacteur en chef de la Revue, pour
sa patience et ses conseils et, pour leur aide sur le plan organisationnel, les directeurs
des Centres dexcellence du Canada, - Marie MacAndrew, Morton Beiser,
Baha Abu Laban, de même que David Ley, et Don DeVoretz.
En plus de ces personnes, il faut souligner le travail de nombreux autres individus,
sans qui le numéro spécial de la Revue naurait pas vu le jour. Je voudrais
dabord mentionner les collaborateurs qui ont répondu à notre demande
darticles et accepté gracieusement par la suite nos suggestions de révisions, sans
parler des délais incroyablement courts quils ont dû respecter. Ensuite, il faut
mentionner notre rédacteur spécialiste, Jeffrey G. Reitz, dont les efforts héroïques,
la grande rigueur et le dévouement incessant ont assuré le succès de notre projet.
Enfin, il faut reconnaître le travail de Jean Viel, coordonnateur principal au sein de
léquipe du Projet Metropolis à Ottawa, qui a coordonné et dirigé tous le
processus de production, envoyant des centaines de messages électroniques et suivant
chaque étape de linitiative avec une rigueur et un dévouement tels que lon
aurait cru participer à une mission dans lespace.
Ce numéro spécial de la Revue canadienne des sciences régionales est divisé
en deux parties distinctes.
La première partie regroupe des articles de chercheurs de nos
quatre Centres dexcellence au Canada. Ils sont répartis sous trois grands
thèmes : la diversité urbaine et régionale; lethnicité et les institutions
économiques; la participation communautaire, lidentité et les institutions
sociales. Ensemble, ces articles témoignent de façon éloquente de la qualité et de
lenvergure de la recherche réalisée sous Metropolis. Cela est dautant
plus impressionnant que le Projet Metropolis est relativement jeune et que les chercheurs
nont disposé que dun mois seulement pour rédiger leur article.
La deuxième partie rassemble une série de réflexions de
personnages de marque dont les idées concernant les liens de plus en plus évidents entre
la recherche et la politique gouvernementale sont à la fois intéressantes et
importantes. Pris collectivement, leurs articles susciteront une prise de conscience aussi
bien chez les universitaires que chez les responsables de la politique. Ces articles
constituent non seulement des arguments en faveur dun changement dorientation
mais, fait plus important, ils laissent entendre que tous les intéressés - chercheurs et
décideurs - devront changer leur façon de faire les affaires. Cela exigera des
adaptations de culture pour chacune des parties.
Une entrée en matière sur le Projet Metropolis
Dans le but de situer les articles et les réflexions dans leur contexte, voici un bref
aperçu du Projet Metropolis.
Les compressions importantes effectuées dans les dépenses publiques depuis le début
des années quatre-vingt-dix ont amené tous les gouvernements à se poser des questions
fondamentales relativement à leur rôle véritable, à sinterroger sur le
bien-fondé de leurs interventions et sur les possibilités détablir des alliances
stratégiques dans le but de rationaliser les ressources restreintes et dobtenir
laide dautres secteurs. Au chapitre de la recherche, on a conclu quil
fallait investir davantage dans les connaissances, mais que ces connaissances pouvaient
être acquises dans le cadre dalliances avec des universités, des instituts de
recherche et des groupes de spécialistes; il nétait donc pas nécessaire de
gonfler les unités de recherche des gouvernements comme telles. On a également compris
que laccès à des connaissances de lextérieur sur des questions complexes et
stratégiques, surtout des questions relevant de plusieurs secteurs de compétences,
permettrait daborder ces questions dans leur globalité et, finalement, de définir
une politique gouvernementale plus solide. Les problèmes touchant limmigration et
la diversité ethnique faisaient partie de ces questions.
Le Projet Metropolis constitue un des meilleurs exemples, au Canada, dun effort
systématique et structuré déployé dans le but de favoriser lutilisation des
connaissances théoriques pour élaborer une meilleure politique. Lobjectif
principal de ce projet denvergure internationale est dapprofondir notre
compréhension de limpact de la migration sur les villes du monde et de
limpact de lévolution du fait urbain sur lintégration des populations
multiethniques. Le but ultime de Metropolis est daider les décideurs et les autres
intervenants à relever les défis que pose la migration et à profiter des avantages
quelle comporte. Metropolis poursuit les objectifs suivants :
- orienter la recherche vers les secteurs les plus pertinents à lélaboration de la
politique;
- favoriser la collaboration permanente au chapitre de la diffusion et de
lutilisation des connaissances scientifiques, entre les chercheurs, les décideurs,
les organismes communautaires et dautres institutions des secteurs public et privé;
- fournir aux gouvernements de linformation objective sur laquelle ils peuvent
appuyer leur politique, et leur proposer un éventail de solutions et de moyens puisés
dans lexpérience acquise à léchelle nationale et internationale;
- encourager la recherche comparative au pays et à létranger;
- accroître les possibilités de recherche aussi bien pour les étudiants que pour les
professeurs.
Le Projet Metropolis trouve appui dans un partenariat établi entre divers
gouvernements fédéraux et le CRSHC. Parmi ces partenaires, on compte Citoyenneté et
Immigration Canada, Patrimoine canadien (Multiculturalisme), Santé Canada, Développement
des ressources humaines Canada, Solliciteur général du Canada, Condition féminine
Canada, la Société canadienne dhypothèques et de logement et Statistique Canada.
Fort de cet appui, quatre Centres dexcellence ont été créés en avril 1996 et ces
derniers sont basés à Montréal, Toronto, Edmonton et Vancouver. Les Centres font appel
à un consortium de grandes universités, quinze au total, qui rassemble plusieurs
centaines de chercheurs. Ils collaborent étroitement avec les intervenants aux niveaux
local et national, notamment avec les ministères fédéraux et provinciaux (le Québec
est un des participants clés), les municipalités, les agents de prestation de services,
les ONG et des représentants du secteur privé. Ces intervenants collaborent avec les
universitaires à létablissement des orientations stratégiques de la recherche, à
la planification de projets particuliers et à la prise des décisions sur
laffectation des ressources.
Pour la réalisation de son volet international, Metropolis a établi des partenariats
avec de nombreux pays et organisations internationales en Amérique du Nord, en Europe et
ailleurs. Les universitaires et les décideurs impliqués sont tous convaincus que, pour
prospérer au XXIe siècle, les villes devront avoir développé leur
capacité de gérer avec succès les questions liées à la migration. Ils sont également
convaincus que les connaissances théoriques influeront de manière fondamentale sur
lélaboration de la politique gouvernementale. Le programme de recherche comparative
de Metropolis, relativement nouveau, est mis en valeur dans le cadre de conférences et de
séminaires internationaux qui réunissent des hauts fonctionnaires, des universitaires de
renom et dautres intervenants.
Lavenir
Dans une évaluation indépendante du Projet Metropolis faite récemment, on concluait
que, à cette étape de sa réalisation, Metropolis compte parmi les meilleurs projets de
recherche en matière de politique, que Metropolis avait atteint les objectifs fixés pour
sa première année de mise en oeuvre et quun partenariat avait été établi au
chapitre du partage des connaissances. En outre, on indiquait que le concept de
Metropolis, celui dun moyen innovateur détablir un lien entre recherche et
politique, avait captivé limagination dune grande diversité
dorganisations intéressées; on ajoutait que le volume de travail déjà amorcé
était énorme.
Cette évaluation permet de constater dans quelle mesure Metropolis a évolué au cours
des dix-huit derniers mois. On a investi dans la création de réseaux, dans les
communications, dans les structures de gestion, dans la formation des participants et dans
le développement de systèmes qui permettront de transmettre linformation
dune génération de chercheurs et danalystes de la politique à la
génération suivante. Il faut maintenant relever le défi que pose la mise en service de
cette infrastructure et le développement de nouveaux comportements.
Pour réaliser sa véritable mission, Metropolis devra résoudre un problème
fondamental, soit la nécessité dintensifier les communications entre les Centres
et les décideurs fédéraux. Il faut resserrer ces liens pour que le Projet Metropolis
puissent continuer de rapprocher la recherche de lélaboration de la politique. En
outre, il faut trouver de meilleurs moyens de communiquer les résultats de recherche pour
quils soient accessibles aux décideurs. Il faudra créer de nouveaux
« produits » de recherche, notamment des téléconférences, des résumés
structurés et des rapports synthétiques, qui répondront aux différentes exigences en
matière de politique.
Les participants à Metropolis ne peuvent sinspirer daucun modèle pour
inventer un mode de recherche-élaboration de politique plus dynamique et plus centré sur
le client. Sa réussite, comme le passé la démontré, sera fonction du
dévouement, de la créativité et de la volonté de tous dapprendre et
daccepter les compromis. Il est encourageant de voir que les participants sont
toujours bien disposés à légard des expériences, de laction collective et
que, par-dessus tout, ils souhaitent continuer daméliorer lapplication de la
politique dans notre pays.
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