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TROISIÈME PARTIE:

SYSTÈME D'INTÉGRATION ET INTÉGRATION SOCIALE,
STATUT SYMBOLIQUE ET APPARTENANCE


CHAPITRE 7

L'INTÉGRATION NORMATIVE

Intégration sociale et système d'intégration ne sont nullement confondus dans la tradition sociologique. L'intégration sociale désigne l'ensemble des relations entre les acteurs, harmonieuses ou conflictuelles; elle attache une forte importance aux valeurs, représentations et aspects cognitifs. Le système d'intégration désigne l'ensemble des relations entre les "parties" d'un système, entre ses structures, toujours transformables. Intégration sociale et système d'intégration interagissent, et s'arrêter aux seuls phénomènes empiriques d'intégration et aux relations entre acteurs signifie omettre les rapports de hiérarchie et de pouvoir qui les sous-tendent. C'est interpréter comme des actes volontaires, planifiés, pensés, comme des stratégies, des comportements individuels fortement déterminés par des effets de structure; c'est ériger l'individu en centre décisionnel; c'est ne plus pouvoir discerner les réelles marges et sphères de liberté, d'innovation et de stratégie des acteurs, à moins de qualifier de liberté toute adaptation à une contrainte. C'est encore se limiter à l'étude de phénomènes d'échelle réduite, puisque le centre de l'observation est l'acteur, l'individu, et non pas des rapports de structures. Pourtant, les rapports de pouvoir demeurent. Par exemple, dans le champ des désignations ethniques, tous les groupes sociaux n'ont pas le pouvoir de nommer et ce pouvoir ne dépend pas d'attitudes et de perceptions.

En Europe et en Amérique du Nord, notamment en France et au Canada anglais (Li, State of art: 15-16), l'insertion sociale des immigrés et de leurs descendants est le plus souvent envisagée en termes de simple intégration sociale. On parle de niveaux d'intégration: intégration fonctionnelle ou instrumentale, minimale (connaissance de la langue officielle, marché du travail), intégration civique incluant la participation à des regroupements et à des réseaux stables (partis, syndicats, églises, associations), intégration symbolique référant à l'adoption des normes culturelles . Faute d'analyse structurelle, cette notion prend alors le seul sens d'incorporation à une population établie, dite majoritaire et conçue comme culturellement homogène, et les études d'intégration recouvrent à la fois les modalités d'acquisition de nouvelles ressources et positions par les immigrés et des comparaisons de différences de comportements, d'attitudes et de valeurs entre les immigrants et leurs descendants, et entre l'ensemble de ceux-ci et la dite majorité culturelle, en fait la majorité politique. Ces études tendent à étudier l'insertion sociale des immigrés en fonction des normes et des intérêts du groupe dit majoritaire. Elles s'intéressent à mesurer diverses performances des immigrés et à les comparer, explicitement ou implicitement, à celles des natifs: apport économique, pratique linguistique privée, endogamie, valeurs familiales transmises, participation associative, réseaux de sociabilité, consommation de produits culturels et de médias. Comme ce sont les comportements de la population dite majoritaire qui définissent les règles du jeu de l'incorporation, il s'ensuit une observation de l'érosion souhaitée de croyances, de pratiques, de valeurs rattachées au milieu culturel d'origine et des tensions ainsi provoquées, le plus souvent entre parents et enfants, mais aussi lors de contacts avec des membres de la population majoritaire (voisins, personnel du secteur public). La notion d'intégration ne véhicule pas la condamnation d'espaces propres aux minoritaires; elle les suppose simplement destinés à disparaître au fil de l'incorporation, c'est-à-dire de la dispersion occupationnelle et spatiale des immigrés, selon une thèse centrale de l'école fonctionnaliste.

Plusieurs raisons expliquent cette dérive gestionnaire et normative de la recherche sur l'insertion sociale des immigrés, dérive particulièrement notable dans les sociétés de tradition assimilatrice comme la France (Tribalat, 1996). La question des déterminants structurels des formes d'interaction entre les membres d'une société n'est plus sujet de grand débat théorique. La perte d'influence des théories fonctionnalistes, marxiste et normative, a permis l'intense divulgation des descriptions empiriques, de la "sociologie des acteurs" et de l'individualisme méthodologique. Par ailleurs, depuis les années 1980, une attention importante à l'adoption de nouveaux comportements et valeurs et à l'observation d'espaces de coexistence entre immigrés et natifs a été induite par l'intervention étatique croissante dans le champ de la gestion des flux migratoires et dans le financement de la recherche sur l'immigration. L'insertion sociale des immigrés est de plus en plus étudiée sous l'angle des contextes de l'adaptation familiale, linguistique, culturelle et des interactions avec des milieux de vie, et non en fonction des inégalités sociales et des conditions structurelles, systémiques, d'insertion. Les études d'insertion au marché du travail en fonction de l'évolution occupationnelle, de la politique d'immigration ou encore des cycles de l'activité économique étaient encore présentes au début des années 1980 au Québec (Piché, Larose et Labelle, 1983; Lamotte, 1985; Lamotte et Messier, 1986; Bernèche et Martin, 1984). D'autres sur les facteurs structurels de la formation communautaire étaient également présentes (rente foncière: Lavigne, 1987). Elles ne le sont plus actuellement. En vue de la régulation étatique, il est important de connaître les facteurs contextuels et non structurels de l'insertion.

Au Québec, comme aux États-Unis et en France, des études sur l'insertion des immigrés et de leurs descendants participent de cette réduction de la sociologie à la seule étude empirique des enjeux, valeurs et intérêts qui regroupent ou divisent les acteurs sociaux, et qui "expliquent" la nature de leurs actions et de leurs relations (sous forme de compromis, d'entente, d'alliance, d'affrontement, de résistance). Dans ce contexte, on ne peut que répéter le constat de D. Juteau en 1979 (p. 4) : il manque, au Québec, d'analyse macrosociologique des conditions de formation et de maintien des groupes ethniques. Néanmoins, même si le débat à ce sujet est peu présent, la sociologie des relations ethniques au Québec semble avoir résisté à la vogue de la notion d'intégration et la résistance de chercheurs à l'utilisation de ce vocable et à l'élaboration de mesures de l'intégration est apparue vive lors d'un séminaire sur les indicateurs d'intégration des immigrants, organisé par le MCCI en 1994 (MCCI, 1994). V. Piché (1992), M. Weinfeld (1994) et G. Stoiciu (1996) pointent par ailleurs les failles des mesures de l'intégration et on ne trouve pas, au Québec, d'équivalents des études typiques d'intégration-assimilation. Ces études s'attardent généralement sur les taux d'endogamie des immigrés, sur la mesure de la rétention de pratiques religieuses (fréquentation), familiales (séparation, divorce), associatives, linguistiques (rétention de la langue d'origine) et sur la distribution résidentielle. En France, par exemple, la situation est autre. Les moyens financiers d'organismes publics comme l'INED et l'INSEE, la volonté de contrôle social des zones urbaines immigrées par les gouvernements et le faible poids des immigrés sur la scène politique permettent la tenue d'enquêtes extrêmement onéreuses et entièrement sous-tendues par l'idéologie de l'intégration-assimilation (Tribalat, 1995).

Un document (Piché et Bélanger, 1995) rédigé pour le MCCI montre, cependant, l'oscillation présente. Ce texte fait le bilan des études québécoises traitant de "l'intégration" des immigrés. Nombre des travaux présentés dans ce document comme des études de facteurs d'intégration n'ont aucune orientation normative et sont des descriptions de contextes et facteurs d'insertion linguistique, résidentielle, occupationnelle d'immigrés. Les enjeux de tout jugement sur l'intégration des immigrés et de tout recours au groupe ou à la communauté francophone ou anglophone comme étalon de mesure sont mentionnés, et une liste des mesures possibles de l'intégration est jointe. Certaines de ces mesures sont qualifiées d'objectives et d'autres de subjectives ( Encadré 1). Cette interprétation est au coeur même de la notion d'intégration. Les mesures dites "objectives" prétendent à la neutralité, si ce n'est à la scientificité. Pourtant elles ne sont nullement neutres, car elles décrivent des états de fait que l'on cherche à mesurer sous forme d'indicateurs, en vue de porter un jugement sur le niveau d'intégration d'individus et de groupes. La question est alors de savoir qui porte le jugement et définit la mesure et la norme. Si l'on ne s'en tient pas aux résultats de l'analyse combinée des relations sociales et des contraintes structurelles pour expliquer la place sociale et les comportements d'individus et de groupes, les trois manières de penser l'intégration d'un individu dans une société, soit celles fonctionnelle, civique et symbolique, acquièrent un sens idéologique. Chacune des mesures listées dans le texte en cause prend une connotation particulière selon la norme et les intérêts de celui qui juge, et le statut des immigrés qui en ressort est fort contrasté. Quelle forme d'intégration est la plus souhaitable ou la plus efficace et pour qui? L'individu, le groupe dit majoritare au sein de la société civile ou/et au sein de la nation culturelle et historique?

(1) On peut penser que les prérequis minimaux à l'insertion d'immigrés dans notre type de société sont d'une part, l'exercice des droits reconnus à tout résident et la reconnaissance de ses attributs acquis (liberté de travail, reconnaissance de l'expérience et de la scolarité,droits sociaux , libertés fondamentales,non-discrimination,accès à la citoyenneté1), d'autre part, l'apprentissage de pratiques et de codes de sociabilité permettant l'exercice de ces droits. La connaissance de la langue officielle est certainement la première de ces pratiques; d'autres sont, par exemple, une connaissance minimale du fonctionnement des institutions publiques et de certains usages. Une satisfaction à l'égard du mode de vie, des conditions de travail et le développement d'un sens d'appartenance peuvent apparaître des aspects secondaires, subjectifs.

(2) On peut penser qu'une telle insertion, basée uniquement sur l'exercice de droits et servant uniquement les intérêts de l'individu, n'est pas suffisante et qu'une participation minimale à la société civile est requise. Cette participation peut être définie selon deux modes:

  • affiliation à des institutions privées et réseaux, quelles que soient la composition et la fonction des unes et des autres;
  • inclusion au sein du groupe dit majoritaire. C'est dans ce cas de figure qu'interviennent des mesures normatives à travers la comparaison statistique de comportements privés des immigrés et des natifs, étant généralement contrôlé l'effet d'attributs tels que l'âge, le niveau de scolarité, le sexe, la période d'immigration, l'appartenance phénotypique, comme si pouvait se profiler le prototype de l'immigrant intégrable. Les champs observés sont la langue utilisée dans la sphère privée, avec les amis, au foyer, les modes de consommation, la pratique religieuse, la fréquentation scolaire, la participation associative, l'inclusion dans des réseaux ethniques ou multiethniques (amis, voisins), l'endogamie-l'exogamie, les pratiques et valeurs familiales, la criminalité, la délinquance juvénile, la déviance, des usages (bruit, propreté, entretien des logements), la ségrégation résidentielle, l'appartenance de la société d'origine au même univers civilisationnel que le Québec (monde latin, francophone, chrétien). Pour exemple, dans le cas illustratif invoqué (Encadré 1), considérer la participation aux activités parascolaires, l'interaction entre élèves, la fréquence de contacts avec des élèves dits de souche, la communication entre parents et intervenants scolaires, les lieux de contact comme des indicateurs objectifs d'intégration est un jugement porté à partir d'intérêts du groupe linguistique majoritaire. De plus ces "indicateurs" ne peuvent être assimilés à d'autres décrivant des situations objectives d'inégalité: sous-scolarisation, sous-emploi, chômage, ghetto occupationnel. Les indicateurs "objectifs" mêlent description d'inégalités et normes du groupe choisi comme étalon, la majorité francophone.

Enfin, on peut penser que la seule participation à la vie sociale du groupe dit majoritaire ne suffit pas et que les immigrés doivent partager des référents identitaires avec ce groupe: mémoire historique, projet politique, sens d'appartenance et citoyenneté de manière obligatoire et nécessaire.


Encadré 1


LISTE DES PRINCIPALES MESURES D'INTÉGRATION *


  Intégration linguistique
  • langue maternelle (O)
  • persistance de la langue d'origine dans la communication intergénérationnelle (O)
  • langue d'usage à la maison (O)
  • connaissance du français/anglais
  • connaît oui ou non (O)
  • niveau de connaissance (O)
  • compétence (O)
  • amélioration des connaissances/effort d'apprentissage (O)
  • transferts linguistiques vers le français/anglais (O)
  • abandon de la langue maternelle (O)
  • langue de contact (magasin, travail, école, réseaux d'amitié) (O)
  • consommation des médias (O)
  • langue de travail (O)
  • choix des quartiers linguistiques (O)

  Intégration au marché du travail
  • taux de chômage (O)
  • niveau de scolarité (O)
  • mobilité socioprofessionnelle (O)
  • revenu (O)
  • statut socio-économique (O)
  • insertion permanente sur le marché (O)
  • taux d'activité (O)
  • emploi à temps partiel versus à temps plein (O)
  • concentration dans certaines professions (niche, segmentation, ghetto) (O)
  • sous-emploi (O)
  • catégories socioprofessionnelles (O)
  • période de non emploi (O)
  • vitesse d'accès à un emploi (O)
  • caractéristiques des emplois (taille des entreprises) (O)
  • stabilité d'emploi (O)
  • emploi projeté (O)
  • secteurs faibles/mous versus secteurs forts (O)
  • satisfaction sur le marché du travail (S)
  • accès à l'emploi de leur choix (O)
  • perception de l'amélioration de leur situation (S)
  • perception des difficultés d'intégration (S)
  • perception du racisme sur le marché (S)

  Intégration culturelle
  • sentiment d'appartenance ethnique/identité ethnique (S)
  • lieux de contact (travail, école, réseaux d'amitié) (O)
  • attentes des parents à l'égard des enfants (S)
  • préférence d'association (S)
  • espoir de retour au pays (S)
  • degré d'aise dans le milieu d'accueil (S)
  

  Intégration scolaire
  • choix de l'école francophone (O)
  • échec/performance scolaire (O)
  • participation aux activités parascolaires (O)
  • interaction entre élèves (O)
  • fréquence des contacts avec des élèves «de souche» (O)
  • communication parents-intervenants (O)
  • sous-scolarisation (O)

  Intégration résidentielle
  • concentration/ségrégation (O)
  • mobilité (O)
  • taux de propriétaires/accès à la propriété (O)
  * Légende:   (O) Mesure objective,  (S) Mesure subjective

Il est évident que les comparaisons visées par les cas de figure 2 et 3 constituent une tentative de contrôle social des immigrés (et des autres), car des normes sociétales sont définies à partir de moyennes de comportements d'un groupe dit majoritaire. Elle ressort aussi d'une représentation de la cohésion sociale comme fondée sur la multiplication d'interactions inter-individuelles, normées, et non sur l'exercice de droits.

Trois cas de figure similaires ont été décrits en ces termes par deux chercheurs québécois. A. Archambault et J.C. Corbeil (1982) distinguent trois niveaux d'intégration, correspondant à trois formes de désir et de volonté d'intégration des immigrés, désir et volonté dont les fondements ne sont pas explicités:

          Après un niveau d'intégration de fonctionnement, c'est-à-dire le niveau où l'adulte est capable de communiquer dans la langue du pays et de gagner sa vie en toute autonomie, il existe un deuxième niveau d'intégration -- l'intégration de participation -- : l'adulte est actif dans la société (réceptrice) et il veut jouer un rôle dans un domaine d'activité quelconque: la politique, le syndicalisme, les mouvements sociaux, etc.. Enfin, un troisième niveau d'intégration, c'est-à-dire l'intégration d'aspiration où l'adulte décide de lier son avenir et celui de ses enfants aux projets d'avenir du groupe comme membre à part entière de la société.

Les exemples des écueils sociologiques et politiques et du caractère tautologique de cette vision de l'insertion peuvent être multipliés, notamment dans le cas de figure 2. Le choix des critères décide de la réponse à la question toujours posée implicitement: les immigrés sont-ils similaires à la majorité, conformes à son projet? Un immigré parle mal la langue officielle, ne l'utilise que dans des lieux publics et non dans sa vie privée, fréquente assidûment les réunions sportives nationales et vote régulièrement. Un immigré parle parfaitement la langue officielle dans la sphère privée et publique, est de confession adventiste, vit uniquement dans un milieu immigré de même confession et ne vote jamais. Lequel des deux est le mieux "intégré"? Par rapport à quelle norme? Autre exemple des effets de cette logique mécanique et normative: les enclaves, associations et entreprises ethniques sont-elles des formes transitoires, atypiques et devant disparaître au fur et à mesure que se parfait l'accoutumance des immigrés à la société d'immigration? La notion de différence culturelle inhérente à l'immigration mais à dépasser imprègne cette question. C'est sans compter avec les mécanismes de reproduction des rapports d'inégalité qui sont au fondement de ces pratiques, rapports généralement défavorables aux immigrants mais parfois aussi favorables, comme le montre le cas des investisseurs chinois émigrés de Hong Kong depuis dix ans (Amérique du Nord, Asie du Sud-Est).

Vu la défaillance de la notion d'intégration, les études y recourant n'éclairent pas toujours la réalité. Au Québec, la question des transferts linguistiques des immigrés vers le français l'illustre. L'interprétation de la pratique d'une langue autre que le français dans la vie privée (foyer) comme une preuve de désintérêt à l'égard du français et une menace sur cette langue à long terme n'a aucun fondement sociologique, sans parler du recours à un critère d'insertion qui ressort de la sphère privée. La pratique d'une langue non officielle avec ses proches n'augure en rien d'un manque de connaissance et d'intérêt à la société environnante et d'une exclusion, voulue ou subie, de tout milieu francophone. Langue privée, langue et culture publiques sont des réalités disjointes, sinon les francophones devraient tous avoir la même vision politique. La préférence accordée par d'autres chercheurs à la langue d'amitié, tout autant rattachée à la sphère privée, montre l'enjeu en cause dans ce débat plus politique que sociologique: selon ce dernier critère, la mobilité linguistique des immigrés serait plus importante (Veltman, 1994 : 162-163 indicateurs colloque). Dès lors quel critère universaliste adopter? La langue la plus souvent utilisée en dehors du domicile qui fait état, en réalité, de son usage public (travail, commerces, rue, services publics ) et renvoie de plus aux facteurs premiers connus des transferts linguistiques, c'est-à-dire la langue de travail, le lieu de résidence et les politiques gouvernementales (Veltman et Ioannou, 1984; Veltman et Paré, 1985; Da Rosa et Poulin, 1986), si l'on excepte évidemment la connaissance du français avant l'arrivée au Québec?

Notes du chapitre 7

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Last update on 1998/01/25